Roberto PIAZZA
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Little Bob - Interview - 11 Octobre 2009 Video

(c) Copyright Little Bob Rhino Jazz Festival



  1. La dernière fois que l'on s'est vu sur rock-interviews c'était en septembre 2007, que s'est-il passé depuis deux ans, pour toi ?
  2. VideoEh bien des choses importantes tout de même. On n'a pas trop tourné mais j'ai préparé mon album. J'ai écrit, répété, on a fait quelques concerts pour ne pas s'ankyloser, (c) Copyright Rock-Interviews mais surtout j'ai écrit pour ce nouvel album. En fait, surtout à la fin. C'est pour ça que dans la chanson "The Phone Call" je dis que le rock'n'roll m'a appelé à minuit et qu'il m'a dit : 'Qu'est-ce que tu glandes ? Qu'est-ce que tu fous ? Qu'est-ce que tu attends ? Tu sais pourquoi tu as été fait, j'ai besoin que tu reviennes. C'est le moment de distribuer des coups de pied au cul'. Donc voilà, j'ai écrit en novembre, décembre en répétant de manière alternée avec mes musiciens et on a enregistré en janvier 2009...


  3. Donc tu as sorti un nouvel album qui s'appelle 'Time to Blast'.
  4. (c) Copyright Little Bob VideoVoilà, c'est le temps d'exploser. 'Time to blast', c'est le temps d'éclater, d'envoyer tout ce que l'on a envie d'envoyer. Pourquoi ? Parce que je trouve que les gens dorment en ce moment. Que tout le monde accepte sans broncher les mauvais trucs de la vie que l'on nous envoie et qu'il serait peut-être temps que les gens disent ce qu'ils pensent.

    AM : Oui d'ailleurs tu dis : 'Le moment de réagir, d'envoyer du son, d'exploser, de dire ce que l'on pense, d'arrêter de se faire marcher dessus'.

    Mais oui !

    La musique est une vraie thérapie pour soigner les bobos à l'âme et au coeur surtout dans ces moments difficiles où l'avidité, la cupidité, le racisme, le cynisme ambiant, prennent le pas sur l'amitié, le partage, le respect.

    Et aussi l'individualisme, j'ai dû le rater celui-là ! C'est vrai que c'est chacun pour soi de plus en plus. (c) Copyright Rock-Interviews j'ai de la chance, je suis libre, je fais ce que je veux depuis maintenant 33 ans. Quand on m'a poussé à faire autre chose que ce que je voulais, je me suis barré des grosses maisons de disques, je fais ce que je veux, donc c'est vrai que je suis un homme heureux parce que ce n'est pas tous les jours que tu rencontres quelqu'un qui fait exactement ce qu'il veut depuis pratiquement toute sa vie.
    Je le ressens chez les gens, je ressens une tristesse ambiante qui s'est installée. le fait de ne plus bouger, de ne plus vouloir réagir, d'accepter tout ce qu'on nous donne comme les programmes de la télé qui deviennent de plus en plus tartes, en fait j'ai la forte impression qu'on veut rendre les gens cons, donc on leur propose des conneries à la télé pour qu'ils aient aussi peut être plus de mal à voter, quoiqu'aujourd'hui en question de vote que ce soit à droite ou à gauche, cela devient de plus en plus difficile puisque la gauche n'existe plus et notre cher Président sait comment la démanteler petit à petit, là je te parle de politique, mais la politique dans ces cas-là c'est aussi la vie des gens.
    Il ne faut pas se voiler la face. Je ne dis pas qu'à gauche ce serait forcément mieux. J'ai toujours su par mon père, par la vie qu'il a mené, (c) Copyright Little Bob par ce que j'ai vécu moi-même qu'il y avait un peu plus d'humanisme à gauche et que la crise est mondiale, que les leaders sont en train de foutre le bordel partout. Au moment de l'élection du Président je me suis dit je vais me barrer chez moi dans mon pays de naissance, en Italie mais quand je vois pour qui ils ont voté en Italie, je n'ai surtout pas envie d'y aller parce que, quel escroc, quel salopard, donc je suis encore là parce que la France c'est mon pays d'accueil, mon pays d'adoption et c'est là que j'ai mes fans, mes amis, les gens que je suis heureux de rencontrer quand je tourne !


  5. Explique-nous pour quelles raisons tu produis tes disques ?
  6. VideoPour une raison de liberté justement, parce que, mon dernier album dans une major c'était "Lost Territories" chez EMI. Je les remercie, beau disque, enregistré avec des gros moyens pendant deux mois j'ai vécu à Los Angeles, dont un mois avec mes musiciens pour enregistrer, pour répéter avec mes amis américains, il y avait JJ Holiday (c) Copyright Xav Alberghini qui a sévi toutes ces dernières années avec les Imperial Crowns qui est un sacré guitariste surtout en bottle neck sur des guitares slide, qui est un guitariste d'exception et puis il y avait Kenny Margolis aux claviers, un percussioniste infernal, etc...Et Bertrand Couloume, mes musiciens. En trois mois j'aurais dû vendre tout de suite 30 000 albums mais je ne fais pas de la musique soit disant commerciale, j'aimerais bien que ma musique soit davantage écoutée par un plus grand nombre mais je ne peux pas forcer les gens, et en plus comme il est toujours plus difficile de passer en TV et à cette époque il m'avait fait un beau clip avec le dessin animé de 'Tango de la Rue'c'était magnifique.
    Je n'avais donc pas rejoint mes 30 000 albums en trois mois et à la première embardée (j'avais été invité par les Pow Wow qui étaient des amis d'un groupe de rockabilly de Caen qui s'appelait les Alligators) ils m'avaient invité à faire Taratata avec eux pour chanter une chanson de Zachary Richard qui s'appelait 'Travailler c'est trop dur' (Bob chante). Ça je pouvais le chanter. Le chef de produit de la maison de disques (parce qu'on est des produits dans ces boites-là) était venu me voir après et m'avait dit : 'Tu peux donc chanter en Français ?' et je lui ai répondu : Oui il n'y a pas écrit débile mental sur mon front, je peux chanter en français si j'en ai envie. Là je l'ai fait pour des amis, mais je n'ai pas envie de le faire sur mes disques.
    Là, j'ai bien senti que cela n'allait plus, et bien avant tout le monde, puisqu'en fait c'est arrivé à des tas de gens d'être jetés par les boîtes de disques, et des gens aussi connus et importants que Jacques Higelin, par exemple, entre autres. Donc, j'ai décidé à partir de 95, (j'en ai parlé à ma douce, à Mimie, autour de moi), on s'est dit on (c) Copyright Rock-Interviews n'aura plus les mêmes moyens pour enregistrer, on n'ira plus à Los Angeles passer deux mois sur la Côte Pacifique. C'est sûr que c'était sympa, mais en même temps, on va faire ce que l'on veut, ce que j'ai toujours fait jusque-là même chez RCA, BMG, EMI et Musidisc. A partir de 96, je suis devenu indépendant. En 96, j'avais encore un éditeur, un des plus gros : Warner. Après je me suis aperçu que les gens avaient été foutus à la porte de chez Warner et je me suis retrouvé en face de bureaucrates; quand je leur demandais un peu d'argent parce que j'en avais besoin, qu'ils récupéreraient après sur les ventes de disques, j'ai vu qu'il fallait attendre un peu trop, alors, à partir de Blues Story je l'ai enregistré avec un bon éditeur qui m'a aidé à l'enregistrer à Paris dans un beau studio avec mes potes américains comme Kenny Margolis qui l'a produit, il y avait Kenny aux claviers, JJ Holiday , plus mes musiciens, même Serge Teyssot-Gay était là, vraiment mes potes. Pour l'album d'après, je trouvais que le label qui m'avait distribué n'avait pas fait son boulot, donc j'ai appelé Dixiefrog , Philippe Langlois, qui m'a dit : 'Envoie-moi ce que tu sors, ce que tu veux sortir'. Je lui ai envoyé des maquettes que j'avais faites, il m'a répondu : 'Ok on signe mais on ne fait pas de contrat longue durée entre nous', et cela dure depuis 2001. je continue à sortir mes disques chez lui parce que c'est le type le plus honnête que j'ai rencontré dans ce métier. Par contre, il ne me produit pas, il distribue, il signe une licence, il prend mes disques il les fabrique, il aide un peu à la promo et le reste c'est moi qui en suis complètement maître.
    j'ai choisi de ne plus avoir d'éditeur parce que messieurs dames, (c) Copyright Aymeric Vincenot lorsqu'un éditeur vous donne de l'argent, vous aide au point de vue artistique à ressortir ce que vous avez envie de ressortir et que vous êtes dans l'avancement de vos disques, de pouvoir proposer des chansons ailleurs, là d'accord, mais comme en général ils sont là pour prendre 50% des droits et ne pas donner grand chose en échange, on a décidé de mettre tous les morceaux en copyright control, ce qui veut dire que je suis mon propre éditeur, que la Sacem garde son pourcentage de fonctionnement, j'ai les chiffres, et que nous on reçoit tous mes droits d'auteur-compositeur. Tous mes droits, Mimie les met de côté sur un compte et quand j'ai besoin de faire un disque parce que j'ai des nouvelles chansons ou que c'est urgent que je sorte un disque elle me dit : 'Tu disposes de tant, cet argent représente tes droits d'auteur' et je fais mon disque avec et maintenant c'est la liberté totale. Je ne dis pas que cela ne coûte par cher, on fait les T-shirts nous-mêmes, on paie les affiches, mais la liberté n'a pas de prix, donc I'm free et je tiens à le rester le plus longtemps possible. Par contre, cela implique un travail supplémentaire. La preuve c'est qu'après avoir essayé de travailler avec des agents parisiens qui nous vendaient trois fois le prix actuel pour toucher des pourcentages plus importants, on a décidé aussi de faire notre boîte de tournage et ainsi on joue, on tourne beaucoup plus souvent car comme aujourd'hui il n'y a plus beaucoup de moyen de passer en télévision, si on ne va pas rencontrer les gens et les gens me demandent toujours : 'Quand est-ce que tu reviens ?' alors que je viens à peine de finir mon concert ! On peut donc tourner, aller voir les gens, faire des rencontres et mes fans peuvent avoir nos disques dans leur magasin, dans leur bled où l'on passe, ou les trouver sur le merchandising des concerts...et bien sûr nous rencontrer !


  7. Quel est ton plus fort et ton plus beau cri de révolte ?
  8. (c) Copyright Rock-Interviews VideoIl y en a tout le temps presque sur chaque disque. Le dernier c'est 'Kick them ass' distribuons des coups de pied au derrière, c'est sur 'The Phone Call', le premier titre de l'album, mais il y en a d'autres, il y a 'Libero', je parlais de mon père, libero veut dire libre et il y a toujours cette notion de liberté que je trimbale avec moi et puis il y a "I'm free" et c'est partout, dans chaque disque il y a des choses comme cela.


  9. D'après ce que l'on peut dire ou entendre il semble que tu sois une légende vivante du rock français, comment vas-tu faire pour prendre ta retraite ?
  10. VideoUne retraite, il n'y en aura pas. J'espère avoir la chance d'avoir la pêche que j'ai encore aujourd'hui, alors que je regrette la perte de certains amis comme Willy DeVille qui est parti. Ce n'était pas vraiment un ami mais un bon pote, on avait tourné ensemble en Angleterre. Je le connaissais depuis 1978, cela faisait 31 ans, et cette année il nous a laissé au moment où il avait arrêté de prendre toutes les drogues dures, tous les trucs qu'il avalait. (c) Copyright Xav Alberghini J'ai arrêté depuis plus longtemps que lui mais je n'ai jamais été aussi accro que lui à tout cela, donc c'est pour cela que je me sens bien, j'ai la pêche, et lui, il a arrêté trop tard. En tournée on lui fait un hommage, on joue une de ces chansons ; on a cherché dans tous ses disques, il y avait tellement de bonnes chansons en fait que l'on prend la première du premier album 'Cabretta' qui s'appelle 'Venus of Avenue D' (Bob chante). On fait cette chanson à chaque concert sur cette tournée pour se le remémorer. Il y en a d'autres qui sont partis avant, j'espère qu'il va guérir mais il y a Calvin Russell qui ne va pas bien du tout, il vient d'annuler une tournée d'un mois et demi...Je ne sais plus ce que tu m'avais posé comme question, je suis tellement bavard !

    Que tu étais une légende vivante du rock français.

    Cela ne dépend pas de moi, ce n'est pas moi qui le dit ! (riant), c'est vrai que je dure, cela fait quand même depuis 'High Time" le premier album de Little Bob Story sorti en 76, donc 33 ans que cela dure, avec des tournées un peu partout à travers le monde, sans jamais faire de concessions, toujours en faisant ce que j'avais envie de faire. C'est peut être cela qui touche les gens, je sais que je commence à avoir une auréole au-dessus de la tête de Saint-Bob mais je ne suis pas un saint, absolument pas !


  11. Que penses-tu de la scène rock française d'aujourd'hui ?
  12. VideoIl y a un truc qui se passe, il y a plein de bons groupes de rock, des jeunes groupes qui commencent à sortir partout. Il y en a des bons, il y en a des moins bons, après il y en a qui ont plus de chance parce qu'ils chantent en français, ou parce qu'ils sont mignons et que les jeunes filles vont plus facilement les voir.
    Je suis content de la reformation de Bijou , que Philippe Dauga remonte sur scène, je n'aurais pas eu envie de reformer Little Bob Story surtout pas sans Guy-Georges Gremy, parce que Guy-Georges et moi, (d'accord il y avait les autres), mais c'était nous deux et si il était revenu on l'aurait peut être fait pour une tournée mais ce n'est pas mon style de reformer des groupes et puis j'ai un groupe avec des gens qui jouent avec moi depuis longtemps. (c) Copyright Rock-Interviews Il se passe quelque chose en ce moment, il y a des magazines comme rock'n'folk ou crossroads qui essaient d'aider ou de pousser des jeunes groupes, et malheureusement la culture française aujourd'hui est gérée par des gens qui n'en ont rien à foutre de ces musiques-là. Je ne veux pas dire que le rock, c'est un peu la contre culture c'est vrai, mais tous ces lieux qu'ils ont créés, qu'il n'y avait pas quand j'ai démarré et que l'on appelle les clubs de musiques actuelles ou les cafés musique, où tous ces groupes peuvent jouer, depuis le nouveau gouvernement on retire des aides à tous ces lieux parce que je pense que les gens qui nous dirigent préféreraient qu'il n'y ait plus que des zéniths pour faire passer des gens qui font de la variété, donc évidemment le rock pour eux, cela forme des gens qui râlent, qui rouspètent, qui disent ce qu'ils pensent, quelque soit la langue dans laquelle ils le disent, et ils préféreraient que l'on n'existe plus. Moi je continue à me battre pour exister et je conseille aux jeunes, aux mômes qui commencent à faire du rock aujourd'hui ou même à ceux qui continuent à en faire, c'est de ne pas abandonner.
    Dieu sait que c'est dur parce que même ceux qui jouent dans les bars ne peuvent plus le faire pratiquement parce qu'ils sont obligés de les déclarer, dans les bars comment veux-tu déclarer un groupe que tu vas payer 150 et 200 euros, comment veux-tu déclarer un groupe ? Ce n'est pas possible même déjà quand tu déclares un groupe qui est pro, on paie les charges, c'est pour l'intermittence du spectacle d'accord, mais tout cela monte forcément les prix, et à des prix exorbitants et pour des lieux qui ne sont plus aidés du tout alors que la culture en général, celle un peu 'hype', tu vois, la grande sculpture, la peinture, les ballets de danse moderne attire moins de monde que tous les concerts de rock de France et de Navarre. Eh bien ceux-là, on leur donne de l'argent, alors que l'on enlève de quoi vivre à tous ces gens qui organisent des concerts, donc en ce moment cela devient très très dur et il va falloir tenir le choc !


  13. Je crois que tu as des amis sur rock-interviews, le premier c'est Jack Bon , ex-Ganafoul avec qui tu étais hier soir pour la soirée blues du Festival Rhino Jazz à St Chamond dans la Loire, le concert s'intitulait "Route 69 to Le Havre".
  14. VideoOui, tu fais appel à un bel hommage.

    AM : Peux-tu nous parler de ce concert ?

    Oui, c'était super sympa. En fait cela tombait un peu mal pour moi parce que je suis en pleine tournée. J'ai commencé ma tournée la semaine dernière, j'étais dans le nord et un peu dans l'est de Paris, et en fait cela fait une semaine (c) Copyright Rock-Interviews que je suis descendu, le jeudi, j'ai pris l'avion au Havre pour arriver à Lyon et ensuite on a répété mardi avec Jack, en fait c'est Jack et son trio, avec Eric et Stéphane, basse, batterie qui s'appelle Route 69 je crois, qui avaient invité Robert Lapassade ex-Killdozer, avec son guitariste Edouard et il y avait Puce de Factory à l'époque de Givors, donc c'était un peu les anciens combattants, cette réunion ! On m'avait demandé de faire quelque chose d'un peu plus blues. J'adore le blues, c'est un truc qui compte dans la musique, le rock quand il est bien dérivé du blues. Les groupes dans les années 60 que j'écoutais étaient les Stones et les Animals en premier, après pas mal d'autres, et tous ceux-là étaient influencés, au départ, ils reprenaient beaucoup de titres de blues de John Lee Hooker à Muddy Waters à Robert Johnson et ainsi de suite. Au lieu de n'écouter que ces gens-là, j'avais acheté des disques de blues, donc je suis devenu, pas un féru, mais un vrai amateur de blues. J'adore en jouer et j'adore en chanter. Là c'était l'occasion. J'ai amené des titres comme 'Just like a Hobo' qui part en blues et finit en rock'n'roll, 'the Gift of the devil' tu sais que le cadeau que le diable fait au blues c'est le rock'n'roll et à ces titres-là j'ai rajouté un vieux rock'n'roll de Little Richard parce que c'était un des premiers rockers qui jouait du rythm'n'blues et qui s'appelle 'Bama Lama Bama Loo' et ensuite, j'ai pris des titres de blues que je ne chante pas souvent. (c) Copyright Xav Alberghini Il y en a un qui est sur le dernier album qui s'appelle 'The Devil got my woman' (Bob chante) qui veut dire : je préférerais être le diable que le mec de cette femme-là, et il y a aussi 'I feel so good' une chanson de J.B. Lenoir, l'autre, elle est de Skip James. On a fait un mélange de rock'n'roll et de blues, on a répété vendredi, j'ai demandé à Jack, qui est un excellent guitariste et un bon ami - on se connaît depuis 77 - chaque fois que l'on peut, quand je viens à Lyon, on tape le boeuf, on a fait une jam quand il est venu en Normandie, jouer chez nous. J'ai demandé à Jack de sortir ses tripes, ce qui était enfoui en lui et d'être encore plus sauvage qu'il n'est déjà, cela a été super, et on a fait un bon concert. A la fin, j'ai fait revenir sur scène Robert Lapassade, Edouard, Puce, on a fini avec trois guitares, deux chanteurs et cela a donné un bon truc. Pour un festival de Jazz, il y avait beaucoup de monde, merci à Rhino Jazz de m'avoir permis de faire cette fête. J'ai appelé les gens et ils sont venus danser le rock'n'roll devant la scène, c'était assez fabuleux, j'ai un peu foutu mon souk, quoi !


  15. Et ton deuxième ami sur rock-interviews c'est Jean-Jacques Burnel des Stranglers aussi ?
  16. VideoOui, lui je le connais aussi depuis 77-76 même, au début des Stranglers et à nos débuts on a tout de suite tourné en Angleterre donc on a eu maintes fois l'occasion de se voir et de se rencontrer. Jean-Jacques me disait : 'Pourquoi tu chantes en Anglais Bob ?' Lui qui est d'origine Française et qui vit à Londres, et je lui ai dit et toi "Pourquoi tu chantes en Anglais ?". (c) Copyright Aymeric Vincenot Pour moi l'Anglais swinge mieux que le Français, c'est mon avis, après chacun fait ce qu'il a envie de faire. Je me rappelle que l'on avait joué juste avant eux au 100 Club sur Oxford Street en plein centre de Londres et on avait fait un truc fabuleux c'était le New Year's day, le 1er janvier 78 ou 77 je ne sais plus, au Roundhouse devant 2 500 personnes et en vedette il y avait Motorhead. Juste avant il y avait les Stranglers et juste avant il y avait nous, je ne sais plus si il n'y avait pas eu les Gorillas avant nous. Bonjour le trip et le paquet de musiciens de rock qui était là ! Cela frisait le punk et le rock'n'roll mais pour moi c'était plus près des MC5 et de tous ces groupes, donc beaucoup de wild et de sauvagerie avec un public qui était aux anges et j'ai un super souvenir de ce moment-là !


  17. Et ton troisième ami sur rock-interviews c'est Philippe Dauga de Bijou svp ?
  18. VideoAh ! Bijou, on a tellement tourné ensemble, on a fait des festivals, on avait fait Fourvière ensemble qui avait été houleux pour Marie et les Garçons qui s'étaient fait accueillir à coup de canettes, un peu dur parce que les Starshooter étaient chez eux, à Lyon et ils avaient pris la place de Dave Edmunds et son groupe avec Nick lowe à la basse. J'avais trouvé cela un peu cavalier. C'était à eux de jouer et en fait ils avaient pris leur place parce qu'ils étaient Lyonnais. J'étais monté sur scène et j'avais râlé, évidemment, comme je suis une grande gueule, et j'avais dit : 'Je vous demande d'applaudir très fort Dave Edmunds et rockpile, un groupe comme ça vaut tous nos groupes français et vous avez intérêt à les acceuillir comme il se doit ! (c) Copyright Rock-Interviews Il y en a qui on dû faire la gueule ce jour-là. Et puis nous en fait, on devait passer à une heure du mat, on s'était chargé parce qu'à l'époque on se chargeait. On est passé à 4 heures du mat, le soleil commençait à pointer son nez, il y avait des gens endormis sur les gradins. Je suis arrivé sur scène - dans le groupe il y en avait qui étaient faits comme des rats, bourrés - et au bout de 2 titres Barbe Noire, le bassiste de Little Bob Story, a quitté la scène en plantant sa basse par terre, dans les loges il y avait sa femme qui l'engueulait en lui disant : 'Retourne sur scène tout de suite' et moi j'ai réveillé le public et leur ai dit : 'Appelez Barbe Noire', Manoeuvre s'en souvient car il était là pour Rock'n'Folk et ils ont rappelé Barbe Noire qui est revenu et on a fait un concert du feu de dieu. Après nous, il y avait encore les Dogs et Au Bonheur des Dames, à 6 heures du mat, là c'était dingo ! Et donc Dauga était là avec Bijou et Palmer et je suis content qu'il ait repris la scène car des gens comme lui sont fait pour cela et puis je le voyais qui traînait comme une âme en peine dans les concerts avant de reprendre. Il a trouvé deux types qui jouent avec lui donc c'est bien et puis Bijou avait pas mal de fans, même si il n'y a pas Vincent Palmer, parce qu'il ne veut plus jouer du tout, remarque, Guy-Georges Gremy ne veut plus jouer du tout, pas pour les mêmes raisons, lui, il ne veut plus de stress il ne veut plus d'horaires, il veut être libre totalement.

    AM : Merci Bob pour cette nouvelle interview avec nous.

    Merci à toi, merci à vous de nous avoir accueillis Mimie et moi.


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